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CONTE DU GRAAL

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paprika
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MessageSujet: CONTE DU GRAAL   Ven 18 Juil - 15:36

CONTE DU GRAAL



Quel parcours personnel vous a amenée à vous intéresser au conte du Graal ?
Dès l’enfance, je me suis plongée dans la lecture des contes et légendes de tous les pays : je me passionnais pour l’histoire des hommes et celle de leur pensée. Les mythes me fascinaient – surtout ceux de l’Orient méditerranéen. La pensée mythique n’est pas pure chimère : comme la vraie poésie qui transmet le Souffle créateur, elle est le moyen d’accéder à « l’autre côté du miroir »... Un parcours personnel en harmonie avec mon parcours professionnel : toute petite, je voulais écrire et enseigner, découvrir – et faire découvrir – la littérature et ce qu’elle véhicule d’essentiel. Je précise que je ne suis pas une mystique. De formation universitaire, j’éprouve le besoin de vérifier, avec une méfiance instinctive devant tout ce qui est le supra-normal.

Quand avez-vous commencé d’étudier le mythe du Graal ?
Même si c’est à l’université que j’ai étudié la littérature médiévale et l’œuvre de Chrétien de Troyes, mon approche du mythe est plus récente. En effet, c’est ma pratique d’enseignant qui m’a permis de mesurer l’intérêt que ce mythe continuait de susciter. Et cet intérêt, à ma grande surprise était partagé par des étudiants de toutes confessions et de tous horizons. Dans les années 80, le cinéma lui-même, avec le "Perceval" d’Eric Rohmer ou le somptueux « Excalibur » de Boorman, a reflété et entretenu cet engouement.

Comment a évolué votre intérêt pour ce mythe ?
Au départ, l’intérêt était strictement intellectuel. Aux abords d’un XXIe siècle avec ses performances technologiques, je m’étonnais de la permanence d’un récit médiéval ! Portée par l’enthousiasme des autres, je me suis plongée d’abord dans l’énorme production des "romans du Graal", écrits au Moyen-Age. J’ai aussi consulté les commentaires qui, depuis le XIXe siècle, interprètent le mythe, du point de vue des historiens de la littérature, des linguistes, des psychanalystes, sans compter les ésotéristes. Puis, je suis revenue à Chrétien de Troyes, dont le roman est à l’origine de tout. C’est en effet dans le Conte du Graal (rédigé à la fin du XIIe siècle) que le mot "graal" connote autre chose que l’objet usuel qu’il désignait à l’époque médiévale. Pourtant, aussi étonnant que cela paraisse, ce "graal" n’est absolument pas le Saint Graal. C’est sur ce fait linguistique indéniable que ma recherche a pris appui.

Quelle est l’originalité de votre démarche ?
J’ai fait abstraction de tout ce que j’avais lu, notamment sur le Graal christianisé, coupe ou calice. Ma connaissance de la littérature médiévale m’a appris qu’on n’aborde pas un roman de cette époque de la même façon qu’un roman du XIXe siècle. Tout écrit médiéval se réfère aux autres écrits du temps : le conte de Chrétien de Troyes ne pouvait manquer, entre autres, de renvoyer au reste de l’œuvre de ce poète. Or c’est là que des différences apparaissent nettement. Au contraire des autres récits de Chrétien, le Conte du Graal semble incohérent. Le héros, Perceval, n’est nommé qu’au tiers de l’œuvre, il fait n’importe quoi et se comporte en jeune ahuri. Puis apparaît Gauvain dont l’aventure occupe près de la moitié de ce conte inachevé, ce qui en fait un récit "à deux têtes"...

Il faut alors se rappeler que l’écrit médiéval aime jouer avec le langage : ainsi les fameux troubadours ont usé de toutes les ressources de la langue, de sa souplesse et de son ambiguïté, réservant à un petit nombre le sens profond de leurs poèmes. Chrétien de Troyes de même parle par symboles. Ainsi les nombres cités dans le texte appellent à s’interroger : pourquoi certains et non d’autres ? Pourquoi ce martèlement du nombre 5 ? A l’évidence le Conte du Graal est un récit double : d’une part le roman de chevalerie, d’autre part le roman initiatique. Pour le décrypter, il convient de recourir aux symboles issus de la science des nombres, de la géométrie sacrée, de l’alchimie et de l’astrologie. Ce qui apparaît alors, c’est un récit qui nous intéresse toujours : l’aventure de l’âme humaine, notre aventure. Et l’enseignement spirituel qui se dégage, toujours d’actualité, nous tend "les clefs de l’éveil".

Nous sommes aujourd’hui dans une spiritualité ouverte avec des secteurs de croissance personnelle, de développement personnel, de santé holistique et j’en passe. De quelle actualité parlez-vous ?
Les questions dont débat ce livre sont toujours valables aujourd’hui. L’une des premières que nous nous posons – qui suis-je ? – trouve réponse. Il y a aussi la question de la relation maître/disciple. Comment reconnaître un Maître ? Sans oublier le problème toujours actuel de la sexualité et de son rôle dans le développement de l’être humain. Le problème de la violence est largement abordé dans ce conte, et, bien entendu, celui de la mort. Le conte offre des pistes d’interprétation sur tous ces sujets. Je n’en suis que la traductrice. Je n’ai pas réécrit le Conte du Graal, j’ai simplement mis à portée du plus grand nombre les clefs de l’éveil qu’il propose.


Reste la leçon essentielle que transmet le roman médiéval : elle rejoint celles des grands courants mystiques. Se connaître soi-même, mener le combat contre l’ego, et surtout, manifester aux autres notre compassion, seule attitude capable de régénérer le monde. En somme, nous souvenir de l’Arcane majeur : la parenté spirituelle Créateur-créatures-création...






UN ARCHETYPE

Le graal, c’est d’abord un mot. Ecrivez-le en observant vos gestes : la lettre g vous oblige à tracer un cercle puis à amorcer une descente suivie d’une remontée... S’ensuit une série de courbes et de retours de la plume sur elle-même, jusqu’à la lettre l dont la hampe vous propose une nouvelle montée, et vous invite ensuite à... recommencer. Un tracé révélateur. Or, au XIIe siècle, qu’est-ce qu’un « graal » ? C’est un grand plat où l’on servait les poissons. Dans notre conte, une demoiselle le tient à deux mains et, précédée par un jeune noble qui porte une « lance qui saigne », traverse en silence la salle où se tient Perceval. De ce plat émane une lumière surnaturelle... Ce qui pose question : si ce cortège est un rite religieux, pourquoi choisir un vulgaire plat à poisson ? Et pourquoi confier à une femme un objet de culte ? En ce cas, dire que le Graal est un mythe m’apparaît comme un moyen commode d’évacuer le problème. Le Graal est bien plus que ça. C’est plutôt l’émergence d’une tradition oubliée qui s’est perpétuée jusqu’à nous à travers un mot choisi parce qu’il était porteur de sens.






Le Mythe du Saint Graal

Sur la trace du Graal dans le sud de la France,
en coopération avec André Douzet et Société Perillos.

Le film qui bouscule les idées reçues !

http://www.gproductions.fr/boutique/index.php?idfiche=206




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